L'Aisne avec DSK

22 juin 2007

Physique politique élémentaire.

Dans les prochaines semaines, il va falloir sérieusement réfléchir à la refondation de notre Parti et, voyez-vous, je crois que ce sera plus difficile que de refonder notre projet. Car celui-ci ne touche qu'aux idées, avec lesquelles on peut toujours s'accomoder, alors que celui-là touche aux pouvoirs et aux hommes.

La politique, comme la science, a sa physique et ses lois. Une "section", c'est à dire un groupe de base, est un monde à part entière dont les règles sont universelles. Vous connaissez le théorème d'Archimède: tout corps plongé dans un liquide etc. La politique a aussi son théorème: tout adhérent plongé dans l'univers d'une section est irrésistiblement attiré par la force centripète du pouvoir. Je le répète: cette loi est nécessaire et universelle. Une section est travaillée par de puissants courants telluriques, une gravitation qui répond à un phénomène structurant cet univers, le pouvoir.

Expérimentation: dans ma section, j'ai fait entrer quelques personnes notoirement acquises à DSK. Sauf que DSK, représenté par quelques militants, n'est soutenu par aucun élu, ni député, ni élus locaux. Résultat: mes amis ont subitement cessé d'être strauss-kahniens, pour rejoindre parfois le courant le moins acquis à la social-démocratie. Pourquoi? Parce que l'attrait du pouvoir a été le plus fort. Dans une section, l'égalité entre socialistes est une illusion. Il y a les maîtres du jeu, ce sont les élus.
Italique
Du coup, l'état réel des opinions des uns et des autres est totalement faussé. On ne vote pas, on ne pense pas par soi même mais par rapport à l'élu qui donne les consignes et dit ce qu'il faut penser. Un simple adhérent a dans cette affaire une influence quasi nulle. Bien sûr, chacun est libre de dire ce qu'il veut et le PS est le plus démocratique de tous les partis. Mais la loi du pouvoir est prédominante. C'est le règne des rapports de force.

Parfois, quelqu'un se détache, conteste le pouvoir central, le noyau nucléaire de la section. C'est rare mais ça existe et on le remarque. Toute loi physique a ses exceptions qui confirment la règle. Il en va ainsi en politique. Le dissident, on le qualifie d'électron libre, expression qui confirme parfaitement mon analogie entre la politique et la physique.

Attention, cette agrégation de particules élémentaires du pouvoir peut être fort complexe, fort subtile. Dans ma section, par exemple, il y a deux centres de pouvoir, une députée européenne en fonction et une ancienne députée nationale dont la capacité d'attraction reste forte, un peu comme ces étoiles mortes dont on reçoit encore la lumière. Ces deux forces s'équilibrent à peu près, les adhérents se fixant sur l'une ou l'autre. Ce qui est politiquement désastreux puisque cet équilibre est facteur d'instabilité, aucune des deux n'exerçant pleinement le leadership.

Que faudrait-il faire pour remédier à cela? Très difficile. Dans l'idéal, il faudrait casser le ou les noyaux atomiques du pouvoir, créer une déflagration nucléaire qui détruirait les appareils nationaux et fédéraux et les mini appareils que sont les sections. Ségolène Royal s'y est employé. Ainsi, les énergies internes, cessant d'être soumises, seraient libérées et donneraient le meilleur d'elles-mêmes au lieu du pire comme aujourd'hui. Ainsi les énergies externes, très nombreuses, se reconnaitraient mieux dans le Parti qui pourraient plus aisément les satelliser et pourquoi pas les absorber, comme un "trou noir" entraine la matière environnante.

J'en ai fini avec ce petit cours de physique politique élémentaire qui vous aidera à réfléchir à notre refondation.

Bonne fin d'après-midi.

3 Comments:

  • Pour un philosophe, tu maîtrises bien la physique. Très ecclectique tu auras toutes tes chances sur StQ.
    Fais toutefois attention à ce que la section de St Q ne devienne pas un Iran avec la recherche nucléaire. Trop enrichir peut faire peur, à juste titre!
    MD

    By Blogger md, at 7:41 PM  

  • Pour réussir en politique, il faut se glisser dans une bonne moyenne, suivre servilement quelqu'un, attendre patiemment son tour, n'inquiéter surtout personne, selon le précepte "on a toujours besoin d'un plus puissant que soi pour être un jour puissant soi-même". Ou bien alors rechercher l'explosion nucléaire à base d'uranium enrichi. Je vous laisse deviner quelle voie j'ai personnellement choisie. Les fidèles lecteurs de ce blog auront compris.

    By Blogger Emmanuel Mousset, at 10:53 PM  

  • Le TGV-Est ne constitue qu'une amélioration, le réel progrès c'est le monorail bi-tube transfrontalier:

    http://jeanpierre.becker.free.fr/monorail/index.html

    By Blogger jpbb, at 7:31 PM  

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