L'Aisne avec DSK

25 septembre 2008

Trois choses à vous dire.

Bonjour à toutes et à tous.

Permettez-moi de revenir sur la rupture avec Pierre Moscovici, non pour ressasser cet événement douloureux pour un strauss-kahnien comme moi, mais pour analyser, comprendre et tirer des leçons, aussi bien au plan national qu'au niveau local, car l'un doit inspirer l'autre (tout se tient). L'activité politique repose sur trois bases, heureuses ou malheureuses:

1- Le malentendu.

Dans toute action politique, il y a une part de malentendu, c'est-à-dire quelque chose qu'on n'entend pas ou qu'on ne veut pas entendre. Moscovici voulait l'union de tous les réformistes, Delanoë, Royal, Aubry. C'était l'idéal. Cambadélis voulait la coalition de tous ceux qui rejettent les deux présidentiables, Delanoë et Royal. C'était la réalité. Deux stratégies différentes, que l'un et l'autre n'ont pas voulu entendre, faisant comme si l'autre avait entendu. Un malentendu finit toujours mal, une fois qu'on l'a vraiment entendu, c'est-à-dire compris.

Même situation à Saint-Quentin: je me porte candidat, de longue date, et j'ajoute un codicille, il me faudra une large majorité, sinon l'unanimité, non par goût du plébiscite mais par souci d'efficacité. Résultat: quelques camarades entendent le début du propos et restent sourds à la fin. D'où leur stupeur quand je renonce, étant persuadé, eux, que je me présenterai (à tel point qu'ils l'avaient annoncée à la presse, moi découvrant ma candidature certifiée par le journal!). Depuis, ils ne sont pas sortis de leur stupeur, ils répètent en boucle, incrédules, affolés, autistes: pourquoi-tu-t'-es-pas-présenté?


2- Le symbole.

L'action politique est certes rationnelle, reposant sur des réflexions et des convictions, mais elle repose aussi sur des symboles, qui peuvent être voulus ou subis, dans les deux cas l'expression d'une vérité. A La Rochelle, la solitude de Moscovici à la terrasse d'un café, alors que dans le restaurant d'à côté, ses amis déjeunent sans lui porter un regard, cette image-là en dit plus long que bien des discours, elle a plus d'efficacité que n'importe quelle prise de position. Le début de la fin pour le courant strauss-kahnien aura commencé là.

A Saint-Quentin, voir la section se donner une tête de liste aux municipales qui a siégé dans l'ancienne municipalité, qui était il n'y a pas si longtemps exclu du PS pour non respect de ses règles, qui donne l'image la plus dure, la plus fermée, la plus radicale de notre Parti, comment ne pas y voir un signe flagrant de régression et de décomposition, dont l'affaire Ribeiro est un aspect, comme l'absence de toute réunion de section depuis la rentrée?


3- La confiance.

Entre Mosco et Camba, elle s'est érodée, jusqu'à disparaître. Quand un premier coup de canif a été porté, la suspicion s'installe, tel un poison, et on ne peut plus revenir en arrière. C'est ce qui s'est passé lundi soir. Politiquement, Moscovici pouvait encore rester auprès d'Aubry, trouver un place éminente dans ce dispositif. Mais il était trop tard, le raisonnement ne pouvait plus rien contre l'affect. Quand l'engrenage de la défiance est en route, plus rien ne peut l'arrêter, il écrase tout sur son passage, il n'épargne personne.

A Saint-Quentin, le recours au rapport de forces, l'approche purement procédurière d'un problème qui était avant tout politique, l'absence de méthode dans la gestion des conflits, tout cela a miné la confiance des uns envers les autres. Autant je ne crois pas en l'amitié en politique (qui n'est qu'un prétexte, une manipulation), autant je crois indispensable la confiance.

Je vois clair dans les faiblesses et les limites de mon courant. Que chacun fasse de même avec le sien.


Bon après-midi.

13 Comments:

  • R.I.P TONTON.

    By Anonymous Anonyme, at 5:00 PM  

  • Le problème, ce n'est pas Aubry mais Fabius, imposé à Moscovici. C'était faire une ligne floue.
    Il y a une majorité sociale démocrate réformiste possible au PS, mais elle doit disposer d'une ligne cohérente, sinon on retombe dans le hollandisme, qui ne tranche aucun choix, car il subsiste deux options possibles contradictoires.

    By Blogger jpbb, at 5:30 PM  

  • Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    By Anonymous Anonyme, at 6:22 PM  

  • c'est le jean popol qui va aller à la niche, sinon pensée aussi pour notre tonton.

    By Anonymous Anonyme, at 6:32 PM  

  • Jean-Paul,

    Je rappelle que les attaques personnelles de nature injurieuse sur tout socialiste axonais autre que moi ne sont pas permises sur le blog. J'ai expliqué à plusieurs reprises pourquoi. Merci de m'épargner un acte de censure que je déteste mais qui m'est imposé.

    By Blogger Emmanuel Mousset, at 6:40 PM  

  • A Jpbb:

    Mosco n'était pas hostile à Fabius mais à une alliance prématurée avec lui. En rejoignant Delanoë, il se retrouve avec ce hollandisme dont tu soulignes à juste titre les limites. Avec Aubry, il aurait pu avoir sa place, beaucoup plus importante. Mais l'affect l'a emporté.

    By Blogger Emmanuel Mousset, at 6:43 PM  

  • @Emmanuel

    je partage ton point de vue, le but était d'éviter de donner trop de place à Fabius. C'est la ligne politique de Fabius qui pose problème, sa position sur l'Europe, et son ancrage hors SD. Les négociations ne se sont pas déroulées comme prévu et l'attelage composite a tiré dans deux directions différentes. Je pense pour ma part que les morceaux se recolleront entre sociaux-démocrates réformistes lors de la nuit de fusion des motions. Mainenant chacun essaie de se positionner avec ses troupes au mieux dans l'organigramme prochain. Ensuite j'espère que les sociaux-démocrates réformistes seront unis à nouveau, et avec un peu de chance, Moscovici premier secrétaire. Il ne faut pas oublier que Ségolène Royal lui avait proposé le poste pour qu'il vienne sur sa liste. Delanoë devra donc en tenir compte. Je suis donc optimiste.

    By Blogger jpbb, at 7:07 PM  

  • Oui, les retrouvailles auront lieu. Et puis, il ne faut pas dramatiser. Cette dispersion est embêtante, pas traumatisante. En politique, il y a rarement mort d'hommes.

    By Blogger Emmanuel Mousset, at 7:41 PM  

  • Ce commentaire a été supprimé par un administrateur du blog.

    By Anonymous Anonyme, at 8:38 PM  

  • coucouche popol

    By Anonymous Anonyme, at 8:55 PM  

  • Attention faut pas faire semblant de supprimer quand on ne supprime pas.

    By Anonymous Anonyme, at 9:07 PM  

  • Jean-Paul,

    Bis repetita, si vous voyez ce que je veux dire.

    By Blogger Emmanuel Mousset, at 10:02 PM  

  • Je dirai même plus :
    bis repetita placent !
    A part cela du courage !

    By Anonymous Anonyme, at 9:26 AM  

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