L'Aisne avec DSK

25 juin 2007

Bilan du week-end.

Bonjour à toutes et à tous.

Y voit-on un peu plus clair au PS depuis ce week-end? Oui et non. Oui parce qu'un calendrier a été adopté par notre instance politique, le Conseil national, et qu'un débat sera lancé dès l'Université de La Rochelle sur notre indispensable refondation. Non parce que les dissensions sont toujours là, bien réelles, qu'elles sont clairement apparues entre Ségolène Royal et François Hollande lors de plusieurs interventions télévisées ou radiophoniques: d'un côté François, l'appareil et les courants qui veulent temporiser et remettre à plus tard la question du leadership, de l'autre Ségolène qui joue la base et les adhérents pour s'imposer dès maintenant, rapidement.

Qui a tort, qui a raison? Les deux! Hollande a raison de privilégier le débat sur le projet et de renvoyer le choix des personnes et de la ligne politique définitive au prochain Congrès, dans un an. Le risque, c'est l'immobilisme. Des conventions thématiques, des assises de la gauche, c'est bien à condition que tout le monde se sente concerné et participe. Sinon, nous entendrons les mêmes discours, les mêmes analyses et rien ne changera. C'est pourquoi Royal a raison de vouloir impliquer les adhérents et les sympathisants. Il faudrait reprendre la méthode participative, puisqu'elle a fonctionné. Je crois que les deux perspectives peuvent parfaitement se conjuguer. Je le souhaite en tout cas.

Faudrait-il aller jusqu'à un vote des adhérents après chaque convention, pour que celles-ci ne soient pas réservées aux militants chevronnés mais vraiment ouvertes à tous? C'est ce qu'a proposé ce matin Manuel Valls sur France 2. Je n'en sais rien, pourquoi pas. Ce que je sais, c'est qu'il faut nous unir, réfléchir, changer et aborder seulement plus tard, mais pas trop tard, la question du leadership.

Je lis dans la Lettre de PRS (Pour la République Sociale, les amis de Jean-Luc Mélenchon) que celle-ci va diffuser dans les prochaines heures le "projet secret" de nouveau traité européen. Voilà que notre aile gauche tente de réactiver l'hystérie anti-européenne, qu'elle substitue à l'anticapitalisme devenu peu convaincant. Le traité n'a bien sûr rien de secret, mais le laisser supposer, c'est l'entourer d'un halo d'inquiétant mystère, très utile pour propager l'hystérie. On essaie de nous refaire le coup de la directive Bolkeinsten et de la Constitution européenne. Heureusement que ça ne marche pas à tous les coups!

Bonne matinée.

5 Comments:

  • Je suis très pessimiste sur l'avenir du PS. Même si ton analyse rejoint la mienne sur le fonds (calendrier, participation...), je te trouve indulgent avec les courants et surtout leurs leaders. Ils sclérosent le parti et François ne peut que les contenir. Il ne pourra pas le faire indéfiniment. Il doit donner la parole aux militants et aux sympathisants et cela très vite, sinon le capital sympathie et l'élan entre les deux tours seront anéantis par cette crise larvée. Savoir s'il faut se tourner sur la droite ou sur la gauche est prématuré. Laissons la base s'exprimer! Le tout est de savoir si le parti veut le pouvoir ou s'il veut rester avec une idéologie plus ou moins fumeuse et rester dans l'opposition à énumérer des incantations! Diriger c'est prévoir, aménager des espaces de réflexions et de concertations et surtout avoir le soutien d'une large majorité, ce qu'a su faire Sarkozy en apparence tout au moins! D'où sa victoire!
    Je me lasse des débats qui n'en sont pas, des querelles de personnes et non d'idées, des préchi précha vaseux! Le nombre de candidats de gauche aux diverses élections montre que j'ai raison! Pour adhérer à une idée ou un parti il faut être écouté (ou avoir limpression d'être écouté)! Pour l'heure, au PS, personne n'écoute mais tous cherchent à se placer et cela on s'en fiche!
    MD

    By Blogger md, at 12:12 PM  

  • J'avais toujours rêvé d'un rapprochement entrain Royal et DSK tellement il ne sont pas loin dans leur analyse du socialisme, mais je crois que dans la perspective où vont les choses, on peut toujours rêver... En plus pas mal de monde de l'entourage de Royal (surtout le jeunes "lions") ont toujours été hostile à DSK.

    Triste de constater que DSK a été capable de se liguer (un contresens !) avec un Fabius du moment qu'il est question de faire barrage à Royal. Pourtant c'est aussi DSK qui critiquait depuis le soir du 6 mai le "consensus mou" version Hollande. Mais voilà qu'il s'est laissé avoir aux mêmes conbinaisons critiquées. Comme quoi au PS le débat d'idées compte moins que le positionnement personnel, stratégique ?

    Le paradoxe avec Ségolène Royal c'est qu'elle ne se sent jamais bien que lorsqu'elle pense aller en bataille contre l'appareil du parti avec la légitimité militante en bandoulière... Là elle se sent vraiment Janne d'Arc. C'est dommâge de lui donner ce si grand boulevard...
    Et je ne suis pas loin de penser qu'elle ne rentrera pas dans les rangs d'aussi tôt !

    Il me semble que Ségolène Royal prendra un malin plaisir à sécouer le parti socialiste...jusqu'à écoeurement, tellement ça lui a toujours fait plaisir.

    Le parti socialiste n'avait vraiment pas besoin de tout cela. tristesse !!!

    By Anonymous Anonyme, at 1:45 PM  

  • "Qui a tort, qui a raison? Les deux!"

    Tout à fait Emmanuel, les deux ont tort. De n'avoir pas dégagé une solution fiable pour créer la richesse avant de la redistribuer. Ils ne sont pas seuls...

    By Blogger jpbb, at 4:34 PM  

  • Il y a semble-t-il unanimité!
    la voix du peuple est sage! :))))
    MD

    By Blogger md, at 5:00 PM  

  • - Il y a courants et courants, courants d'idées, nécessaires à la vitalité du parti, expression de nos différentes sensibilités, et il y a les clans, groupement d'intérêts, système d'allégeance autour d'une personne, qui sont néfastes à la vie du parti. Hélas, les clans sont plus fréquents que les courants, même si ces clans se font passer souvent pour des courants.

    - L'entourage de Royal est hostile à DSK? Je crains que la réciproque soit également vraie. C'est tout le problème des entourages, constitués de courtisans zélés qui cherchent à plaire à leur héros (ou héroïne). J'ai pu observer ça de près dans ma section. L'idéal serait de se débarrasser des entourages, mais le phénomène existait déjà sous Ramsès II et Jules César, alors...

    - DSK ne s'est pas ligué avec Fabius. Si cela était vrai, nous aurions eu droit aux gros titres de la presse. Non, DSK est d'accord avec Fabius et beaucoup d'autres pour que le Parti n'entre pas maintenant dans le problème de la désignation de son leader mais travaille à la rénovation de son projet. C'est tout.

    By Blogger Emmanuel Mousset, at 7:07 PM  

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