L'Aisne avec DSK

23 juin 2007

Vervins et après.

Bonsoir à toutes et à tous.

J'ai passé l'après-midi à Vervins, où j'ai animé une réunion publique du Grand Orient de France sur les discriminations, avec en introduction le film de Yamina Benguigui Le plafond de verre. C'est un documentaire original puisqu'il nous parle d'une intégration méconnue et pourtant la plus difficile, celle des immigrés qui ne sont pas pauvres, qui ont des diplômes, qui sont insérés socialement et culturellement mais qui ne trouvent pas d'emplois à la hauteur de leur formation. Benguigui défend ouvertement le concept de discrimination positive, que le responsable national du Grand Orient a condamné, au nom de l'égalité républicaine. Voilà tout le débat.

Le film se réfère ouvertement, d'emblée, à l'exemple américain des années 60, où les noirs ont réussi à faire reconnaitre leurs droits. Par analogie, ce qui manque à la France d'aujourd'hui, c'est l'émergence d'une bourgeoisie noire et maghrébine. Et si les entreprises hésitent à confier des postes de direction à des immigrés, c'est parce que la classe ouvrière ou la clientèle sont racistes! Le communautarisme est également présenté comme un moyen efficace d'intégration, plus en tout cas que le "système méritocratique français", remis en question. D'ailleurs, la dernière image du film est une cour d'école...

Je vous laisse réfléchir à tout ça. Pour ma part, je suis plutôt favorable à la discrimination positive (même si je n'aime pas l'expression traduite de l'américain, une discrimination étant par définition négative). A la guerre comme à la guerre: pour lutter contre les discriminations, pourquoi pas, même si l'idéal d'une stricte égalité républicaine serait préférable (mais justement, ce n'est qu'un idéal).

Au retour, je suis allé aux nouvelles en ce qui concerne le Conseil national du PS. Deux enseignements:

1- Ségolène était absente (en politique comme dans la vie, les absents ont toujours tort...) et ses partisans se sont retrouvés, comme prévu, très minoritaires. Leurs idées ne sont donc pas passées (c'est la dure loi de la politique).

2- François Hollande a fait approuver massivement son calendrier. Le congrès aura lieu normalement, après les municipales. En attendant, les socialistes seront invités à débattre, dans des conventions thématiques et des assises de la gauche.

Il ressort de cette réunion un sentiment d'immobilisme: la direction ne change pas, ne tranche pas et laisse s'exprimer les adhérents. Mais comment faire autrement? Désigner maintenant le candidat à la prochaine présidentielle, ce serait bien sûr prématuré. Un congrès anticipé? Ce serait raviver les ambitions, les enjeux de pouvoir. Prenons le parti de la patience et le temps de la réflexion, mais faisons le vraiment et débouchons sur un nouveau projet. Ensuite, nous désignerons les hommes et les femmes qui le représenteront, puis celle ou celui qui le portera en 2012.

Bonne soirée.

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