L'Aisne avec DSK

30 décembre 2007

Bonne année 2008?

A mi-parcours des vacances, je me souviens de ce que je vous annonçais au premier jour: il n'y aura pas, à Saint-Quentin ou ailleurs, de trêve des confiseurs. Avec Sarkozy, la politique ne s'arrête pas, comme le soleil ne se couchait jamais sur l'Empire britannique. Et j'ai l'impression que les français en redemandent ... Chers camarades, là aussi, il va falloir nous adapter, sinon la droite l'emportera encore, la prochaine fois. Cette semaine de Noël a été très politique, et celle du Jour de l'An le sera encore plus, vous verrez, avec les voeux du président, demain pour la première fois en direct, et les cérémonies qui vont suivre. Les vacances du président en Egypte ont été politiques, puisque rendues publiques. Et je ne suis pas certain que ça déplaise fondamentalement à nos concitoyens, la société étant ce qu'elle est devenue, qu'on s'en réjouisse ou qu'on le déplore. Donc, j'avais prévenu, il fallait s'y attendre.

Mais ce n'est pas tant de l'Egypte que de Paris, ce n'est pas tant de Sarkozy que de Fillon, une fois n'est pas coutume, que l'offensive politique est venue. Jamais, avec les autres présidents, de droite comme de gauche, il n'aurait été question d'une annonce politique fondamentale en plein coeur des fêtes de fin d'année. N'oubliez pas: "Avec Sarkozy, tout est possible." Même ça! De quoi s'agit-il? Je vous en ai déjà parlé, j'y reviens tellement c'est crucial: rien moins que la fin définitive des 35 heures, via la suppression de la durée légale du temps de travail, avec l'ultimatum de fin mars. Ca devient une technique gouvernementale, éprouvée avec la suppression des régimes spéciaux de retraite: ok, on négocie, mais avec une date-buttoir, c'est-à-dire un revolver sur la table.

Et puis, il y a ce reniement de la parole de Sarkozy: on ne touche pas aux 35 heures, "acquis social", on se concentre sur la revalorisation du pouvoir d'achat grâce à la revalorisation des heures supplémentaires. Sauf que Fillon, en proposant d'augmenter par la négociation le temps de travail, supprime du coup les heures supp. Voilà la très mauvaise nouvelle que les salariés viennent d'apprendre. Attention, cette année, le Père Noël fait des cadeaux piégés!

Il n'y a pas que le coup des heures supp, il y a aussi la hausse du gaz. Bon, à la limite, j'accepte, même si chez moi, je me chauffe et cuisine au gaz. Au 1er janvier, tout augmente, c'est bien connu. Il y a aussi cette loi un peu puritaine mais aussi sanitaire qui interdit de fumer dans les tabacs et autre lieu public. Admirez le vice: on ne peut pas fumer dans les endroits où on peut acheter de quoi fumer. On doit cette trouvaille de génie à Xavier Bertrand. Ceci dit, il a raison sur le fond, mais il faudrait aménager la loi. D'ailleurs, c'est ce qui vient de se passer, puisque le Jour de l'An sera soumis à tolérance. J'ai envie d'en profiter, rien que pour embêter Bertrand, fumer un de ces petits cigares que j'aime tant, et puis crier: vive la liberté! Jacques, ton bar est-il ouvert mardi? Si oui, j'arrive!

En revanche, il y a deux mesures, qui vont s'appliquer dès demain minuit, et que je refuse totalement, et là encore, Xavier Bertrand en est à l'origine:

1- Le service minimum dans les transports publics en cas de grève. Il y avait mieux à faire que dissuader de faire grève. Le droit de grève, en République, c'est fondamental, on n'y touche pas. Favoriser la négociation pour éviter de recourir à la grève, ok, tant que vous voudrez. Mais contourner le droit de grève, le vider de son impact par l'instauration d'un service minimum par ailleurs impossible à mettre en place (on le constatera dès la prochaine grève), non, non et non.

2- Les franchises médicales, rupture avec le principe de gratuité et de remboursement de la Sécurité sociale. Désormais, il faudra payer quand on achètera des médicaments. Mais certains seront exonérés, mais le prix n'est pas très élevé! s'écriera Bertrand. Je veux bien, mais il faudra quand même payer: vous êtes malade, vous devez payer, voilà la nouvelle logique gouvernementale. Payer sans avoir l'impression de payer, puisque, en réalité, vous serez moins bien remboursés.

2008, une bonne année? Pas si sûr ...


Bonne dernière nuit 2007.