L'Aisne avec DSK

15 juin 2007

Bonne chance à tous.

Bonjour à toutes et à tous.

C'est le dernier jour de campagne des élections législatives pour les candidats. Ma pensée ira à mes camarades de l'Aisne. Nous avons été fortement éprouvés par des divisions durant cette campagne, nous avons été sévèrement battus dès le 1er tour dans la circonscription de Saint-Quentin, l'espoir ne s'est pas suffisamment concrétisé dans la circonscription de Soissons, le ministre Bertrand rameute ses troupes et s'attaque aux bastions de la gauche, mais rien n'est perdu. Nous avons trois députés de gauche, nous sommes en situation de les conserver dimanche soir, malgré la "vague bleue". Voilà la réalité, voilà l'espoir. Passons en revue chaque circonscription de l'Aisne:

Laonnois: Fawas Karimet a eu l'intelligence de se désister très vite en faveur de René Dosière, arrivé en tête. D'un côté le candidat légal, désigné à une voix près par les adhérents, de l'autre côté le candidat légitime, député sortant. Les électeurs ont tranché pour ce dernier. Je souhaite de tout coeur que les amertumes, les rivalités soient oubliées. Ces deux camarades, de grande qualité et de forte personnalité, en sont capables. Je ne doute pas qu'après la réélection de René, ils s'attacheront à reconquérir la municipalité de Laon l'année prochaine, cette ville de fonctionnaires étant largement socialiste.

Saint-Quentinois: si les socialistes ne s'unissent pas et ne se renouvellent pas en profondeur, la droite est installée pour 30 ans. St Quentin est l'exemple classique de l'ancienne municipalité communiste qui a basculé spectaculairement et durablement à droite parce que les socialistes n'ont pas su, pas pu, pas voulu prendre le leadership autrefois exercé par le PCF. Leurs choix pour les municipales diront s'ils ont l'intelligence de leurs difficultés et la volonté de les surmonter.

Thiérache: la droite ne s'y est pas trompée, elle a fait venir Raffarin pour tenter de déboulonner Balligand. Sauf qu'il y a des statues qui sont indéboulonnables. C'est en tout cas un hommage involontaire que l'UMP rend à Jean-Pierre. La Thiérache, je l'ai déjà dit sur ce blog, c'est l'exemple que les militants socialistes doivent se donner et méditer, et Balligand est un modèle à suivre (il n'empêche que je ne suis pas toujours d'accord avec ses choix nationaux internes, mais c'est une autre histoire). Il a réussi à maintenir et à développer le socialisme dans un territoire rural qui ne lui était pas nécessairement propice.

Soissonnais: Tergnier et Chauny sont les zones les plus à gauche du département et, quelle misère, aucun leader local ne se dégage vraiment. Nous avons été obligés d'aller chercher Claire Le Flécher à Paris pour avoir une candidate aux législatives. Elle a fait une belle campagne et un score honorable mais Jacques Desallangre est toujours là, bien implanté. Quels seront maintenant la place et le rôle de Claire? C'est toute la question pour l'avenir de la circonscription. Côté Soissons, la droite domine, il faudra beaucoup de force et de volonté à Patrick Day, qui n'en manque pas, pour s'emparer de la municipalité.

Château-Thierry: je me souviens, il y a quelques mois, de la visite de François Hollande dans l'Aisne et les signes d'encouragements qu'il avait adressés à Dominique Jourdain, notre candidat, maire de Château. Et puis patatras, cette foutue division qui réapparait, Jacques Krabal candidat, des polémiques violentes et la conséquence: Jourdain 20%, Krabal 17% et la droite qui se frotte les mains. Et Jacques n'a pas donné de consigne de vote pour le second tour, se laissant emporter, je suppose, par la rancoeur! Pourtant, ce que Karimet a su faire avec Dosière, Krabal aurait dû en avoir la force et le courage avec Jourdain.

A Jean-Pierre Balligand, René Dosière, Dominique Jourdain et Jacques Desallangre, je souhaite courage pour les dernières heures de campagne, bonne chance pour dimanche, et j'appelle la communauté des lecteurs de ce blog à faire leur possible en relayant l'appel à voter pour eux.

Bonne matinée.

3 Comments:

  • ton analyse est pertinente et je l'approuve. Mais une fois de plus je constate que les intérêts personnels prennent le pas sur l'intérêt général! Pourquoi Laon avait-il deux candidats socialistes. René est un excellent député la question n'aurait même pas du se poser! Querelle intestine que j'ai connue quand j'étais élu au conseil fédéral! René dérange : pas le bon courant pas assez de soumissions aux instances départementales...
    Sur Château la querelle Dominique/ Jacques existe depuis longtemps. Le rôle de la fédé n'est elle pas de régler ces conflits en dehors des périodes électorales, elle préfére le jeu des influences : diviser pour que quelques uns règnent! Sur Saint Quentin tu retrouveras le même souci quand tu voudras monter ta liste. Des conflits d'intérêts existent et tu ne pourras pas faire grand chose si ce n'est invoquer Dieu! Courants, majorité, alliés de gauche.... Seul Jean Pierre est solide mais il est seul et incontournable! Qu'en sera-t-il quand il devra passer la main : aura-t-il l'intelligence de son prédécesseur Maurice Brugnon qui a su céder, par étape, la place et l'adouber, là j'ai de sérieux doutes! Dimanche la gauche a la possibilite de conserver ses trois députés de gauche et même conquérir le poste de l'ex ministre Dutreil, c'est tout le mal que je nous souhaite
    MD

    By Blogger md, at 10:54 PM  

  • Et quand on ne croit pas en Dieu, Michel, comment fait-on?
    Plus sérieusement, tu poses deux problèmes très épineux:

    1- La logique d'appareil, la conservation et l'autoreproduction d'un pouvoir fédéral qui installe et déplace des pions sur l'échiquier départemental au gré de ses intérêts. On ne peut guère lui reprocher, c'est ainsi, c'est humain, c'est la logique de tout pouvoir de fonctionner de cette façon, de privilégier les siens même médiocres, au détriment des autres, même performants. C'est là où il faudrait songer, dans le cadre de notre refondation, à une transformation de notre organisation politique.

    2- La difficulté de la transition et de la succession en politique. A Saint-Quentin, ce qui est notamment remarquable à droite, c'est leur faculté à cultiver la continuité, entre Braconnier et André pour le proche passé, entre André et Bertrand pour le proche futur. A gauche, nous avons plus le sens de la rupture que de la continuité. C'est un vrai problème. On ne s'enracine pas (je parle de St Quentin) dans une histoire locale, on ne prépare pas l'avenir. "A chaque jour suffit sa peine", c'est sûrement très bien dans la Bible mais pas en politique.

    Au passage: Maurice Brugnon, mais sans doute le sais-tu, a été président de la FOL. Ce fût un sage du socialisme comme il n'en existe plus guère. Sauf Balligand?

    By Blogger Emmanuel Mousset, at 12:30 PM  

  • D'abord bonne chance à DSK, lui au moins c'est un vrai de vrai, pas un combattant du 32 août!
    J'imagine la tronche du président du conseil général dimanche soir, quand René Dosière sera le seul èlu de gauche dans le département : adieu, veau vache cochon, couvée et prébende sénatoriale !

    By Anonymous Anonyme, at 10:14 PM  

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