L'Aisne avec DSK

27 décembre 2007

Un crime de religion.

Alors que Jean-Claude, que je remercie, venait de m'adresser le texte intégral du discours de Sarkozy sur la laïcité à Saint-Jean-de-Latran, alors que j'étais en train de décortiquer et d'annoter ce texte, j'apprends l'assassinat de Benazir Bhutto. Ainsi la fin de l'année n'aura pas connu de trêve pour la violence. Ainsi cet évènement tragique entre en concordance terrible avec ce que je lis de la prose de Sarkozy, l'éloge qu'il fait de "la radicalité du sacrifice de sa vie", qui ne peut que renvoyer dans mon esprit, maintenant, à l'attentat suicide qui vient de tuer, perpétré probablement par les ennemis de l'ex Premier ministre du Pakistan, les fondamentalistes islamistes. Quand notre président s'inquiéte d'un "fanatisme", ce n'est pas du côté de la religion qu'il le craint mais de la laïcité, ce qui est un comble.

J'apprends aussi que des affrontements se déroulent en ce moment dans les grandes villes du Pakistan, à la suite de l'attentat qui a fait une quinzaine de morts. Je sais bien qu'il y a, malheureusement, mille et une raisons pour que les hommes s'entretuent, depuis que le monde est monde, et que rien ne les arrête, ni les lendemains de Noël, ni l'approche d'une nouvelle année où l'on fait des voeux de paix. Mais je constate, présentement, que la religion est l'arme mentale du crime. Bien sûr, je ne fais pas l'offense à des centaines de millions de personnes et de familles, à travers le monde et à travers de nombreuses religions, de les assimiler au fanatisme et au terrorisme. Mais je constate que les "guerres de religions" sont les plus terribles qui existent, précisément parce que la plupart des religions prêchent autre chose que la guerre, l'amour du prochain par exemple. Au moins, avec l'idéologie ou l'économie, les choses sont à peu près claires, il n'y a pas contradiction, ce qui ne rend pas la réalité plus tolérable.

Sur le site de Libération, je parcours une première analyse de Bernard-Henry Lévy, qui connaît très bien ce Pakistan que nous connaissons très peu, il dénonce cette dictature militaire, ce régime terroriste, cette puissance politique à capacité nucléaire, ce pays étrangement soutenu par les Etats-Unis. BHL joue un peu les prophètes d'apocalypse, mais c'est son style, et je crois sérieusement que nous devons être très attentifs à ce qu'il dénonce. L'avenir du monde se décide peut-être là bas, en cette fin d'année.

Et puis, comment ne pas songer, moi qui suis bien au chaud devant mon ordinateur, sans autre souci fondamental que de me préoccuper du proche avenir des socialistes saint-quentinois, comment ne pas se dire que mes pensées sont dérisoires, que la politique, dans bien des pays sur cette planète, ne se fait pas en rédigeant un blog ou en composant une liste municipale, mais en risquant sa vie et en vivant quotidiennement la violence, jusqu'à en mourir?


Bonne fin d'après-midi.