L'Aisne avec DSK

22 avril 2008

Dupond et Dupont.

Bonsoir à toutes et à tous.

Quelque chose me passionne en politique: les périodes de disgrâce dans lesquelles peut sombrer un homme politique, puis les moments de rédemption, où le même s'élève. Prenez Jean-François Copé. Il y a quatre mois, dans son propre camp, c'était un homme mort. Aujourd'hui, c'est l'homme fort de la droite. Hier, on le pensait incapable de gérer le groupe UMP à l'Assemblée: trop absent, trop cassant. Son mi-temps dans un cabinet d'avocats d'affaires passait mal. Lui-même ne croyait plus guère à son étoile. Et puis, la chance, les circonstances, l'énergie sont revenues: il a pris la tête de la fronde des parlementaires, a porté haut et fort leur voix et leurs intérêts , a redoré auprès d'eux son blason.

Et eux, ce n'est pas rien: les députés, c'est l'aristocratie du parti, sans laquelle aucune carrière nationale n'est possible. Car Copé voit loin: sa rédemption est une assomption, en deux temps, Matignon d'abord, l'Elysée pour 2017. Prudent, il laisse passer un second mandat pour son chef. Sur sa route, qui trouve-t-il? Xavier Bertrand! Les deux hommes se détestent cordialement, puisqu'ils visent les mêmes postes. Pourtant, rien ne les distingue politiquement: c'est Dupond et Dupont. Si, Bertrand s'est inventé un machin, la "droite libérale et sociale". Mais psychologiquement, c'est le jour et la nuit, et les tactiques politiques sont complètement différentes.

Copé reconnaît et affiche ses ambitions, Bertrand joue le modeste. Copé est sec, Bertrand est doucereux. L'un est une lame, l'autre un sucre d'orge. Copé se distingue en se levant, respectueusement, contre Sarkozy, en cultivant sa différence. Bertrand colle à la roue du président, veut être le meilleur élève du gouvernement pour en récolter demain les fruits. Lequel finalement gagnera? Personne ne sait. Bertrand n'a jamais connu la disgrâce, c'est peut-être ce qui le perdra. Et qu'en pense Jérôme Lavrilleux, le directeur de cabinet de l'un et l'ami saint-quentinois de l'autre? Le voilà placé dans un choix très cornélien. Un homme politique avisé choisit parfois de ne pas choisir. Courage Jérôme.


Bonne nuit.

4 Comments:

  • Moi, je poserai surtout une question,
    devons nous croire tout ce qu'on nous raconte qui manque souvent de nuances, de profondeurs et de perspectives ?

    Il y a parfois un monde entre ce qui peut etre raconté dans la presse et la réalité des choses.
    Tout dépend de l'angle d'attaque du papier, de la qualité des informations de l'auteur de l'article et aussi peut etre de ses intentions.

    Il faut etre tres vigilant pour savoir faire la part, entre la communication et la réelle information.

    Il est souvent plus facile de faire des raccourcis, ils sont rivaux, ils se détestent parce qu'ils visent les memes postes.
    Si on suit ce précepte, vous détesteriez JPL et AF pour ces raisons parce que vous seriez rivaux et que vous viseriez les memes postes.
    Je trouve cela simpliste.

    By Blogger Unknown, at 9:32 AM  

  • Petitoursstupide, c'est un grand exercice à gauche que de supposer que les méchants de droite dont paraît-il, tu ferais partie, se regardent en chien de faïence, car seule la gôche est composée de bisounours. Il te suffit de voir la façon dont je suis qualifié par certains qui se prétende de gauche, et qui sont juste de la médiocratie. En fait, il y a concurrence et collaboration simultanément, et selon les circonstances l'une ou l'autre priment. Collaboration pour prendre le pouvoir, concurrence pour le moment du partage.
    Personnellement ne connaissant ni Copé ni Bertrand, je ne porterai aucun jugement sur eux. Je suis comme cela, j'ai besoin d'avoir un contact avec les gens avant que de me prononcer. Mais je comprends aussi Emmanuel qui doit projeter sur la droite le sort que subit la gauche à Saint-Quentin. Immagine que le PS vient de prendre un sacré virage afin de présenter une alternative crédible à Nicolas Sarkozy. On ne remerciera jamais assez ce dernier d'avoir été l'élément moteur de la reconstruction du PS. On aurait eu Ségolène Royal qui aurait eu une politique économique tout aussi catastrophique, le PS aurait définitivement été discrédité jusqu'à la fin des temps. Mais là, miracle du printemps, même Emmanuel devient number one à Saint-Quentin, ses affreux compétiteurs gauchâtres étant auto-éjectés d'eux-mêmes dans la manoeuvre. Cela permet de comprendre les cris de haine qui fusent aussi bien pour lui que pour moi. Finalement, on a beau dire, mais en tant que démocrates, on a besoin les uns des autres pour survivre, ensuite pour avoir le pouvoir, c'est le peuple qui a le dernier mot.

    By Blogger jpbb, at 10:59 AM  

  • L'ours,

    Je partage vos recommandations de prudence, mais le parallèle avec la situation saint-quentinoise est inapproprié: Copé et Bertrand s'affrontent pour le pouvoir, et c'est éminemment respectable. A St Quentin, JPL, AF et EM se battent pour des queues de cerise, et c'est profondément dérisoire. A tel point que je me demande si je ne compromets pas ma belle passion pour la politique dans ces moulinets d'agités. Mais je préfère ne pas me poser la question tellement je redoute la réponse et ses conséquences.

    By Blogger Emmanuel Mousset, at 12:33 PM  

  • Jpbb,

    Je ne sais pas s'il y a un "miracle du printemps" à St Quentin, mais ce qui est vrai, c'est que mes adversaires sont mes meilleurs agents publicitaires. Pendant un an, tu en es témoin, ce blog avait une audience confidentielle, qui a explosé à l'automne 2007, mes adversaires le consultant massivement, en parlant autour d'eux jusqu'à s'en rendre malades. La machine était lancée, et elle ne s'est plus arrêtée. Je pensais que le phénomène se calmerait un peu après les municipales. Eh bien non!

    Ceci dit, est-ce une vie, pour moi, d'asseoir une partie de ma notoriété sur mes adversaires? Bien sûr que non. Ce que je veux, ce que je cherche, ce sont des partisans, pas des adversaires (ceux de droite me suffisent!). Etre victime, c'est médiatiquement un atout. Aurais-je été normalement intégré à la vie de la section depuis des années, personne ne ferait attention à moi.

    Mais je n'ai pas le tempérament d'une victime, contrairement à beaucoup de gens qui se complaisent dans cette posture. Bref, vivement que tout ça change!

    By Blogger Emmanuel Mousset, at 1:32 PM  

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